Tanger

UNE VILLE MILLÉNAIRE TOURNÉE VERS L’AVENIR

Tanger est marquée par les vents de l’histoire.

Phéniciens, carthaginois, Portugais, Espagnols et plein d’autres civilisations y ont laissé des traces. Leurs vestiges persistent toujours et se mêlent à l’architecture de cette ville mythique.

Tanger attire non seulement des habitants fascinés par son climat de vie, ses infrastructures socio-économiques et ses équipements de transport mais aussi des artistes venus des quatre coins du monde séduits par ses paysages époustouflants, ses plages au sable fins, ses rues animées, ses lumières incomparables et ses nombreux festivals de musique, de danse et de théâtre.

Tanger a su gardé ses traits médiévaux tout en s’ouvrant sur les nouvelles tendances économiques du monde.
Tanger (en arabe : طنجة Tanja ; en berbère : ⵜⵉⵏⴳⵉ Tingi ; en gréco-romain : Tingis) est une ville du Nord du Maroc, deuxième ville économique du Maroc, capitale de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elle est le chef-lieu de la préfecture de Tanger-Assilah. Située à l’extrémité du Nord-Ouest du pays sur le détroit de Gibraltar, la ville se trouve à 14 kilomètres de la côte espagnole. Sa population s’élève à 947 952 habitants au recensement de 2014.

Localisation
Tanger est située dans la baie du même nom, ouverte sur l’extrémité occidentale du détroit de Gibraltar, à environ 15 km des côtes espagnoles ; et à la périphérie du massif montagneux du Rif.

Démographie
Sa population s’élève à 947 952 habitants selon le dernier recensement de 2014.

Relief, géologie et hydrographie
D’abord établie sur la colline de la kasbah, la ville de Tanger s’est progressivement étendue sur les massifs la bordant à l’ouest en direction du cap Spartel (plateau du Marshan, Vieille montagne) puis, au long de la plage, en direction du cap Malabata. En dépit de ces reliefs, son site ne présente pas de réseau hydrographique notable.

Histoire
Articles détaillés : Tanger (possession anglaise) et Guerre franco-marocaine.
Après une présence phénicienne, dont il subsiste deux petites nécropoles, les Carthaginois firent de la ville un comptoir important au ive siècle av. J.-C. En 146 av. J.-C., à la chute de Carthage, la ville est incluse au royaume de Maurétanie. Tanger (Tingis) prend une telle importance, qu’elle devient, vers le ier siècle, le chef-lieu de la province romaine de Maurétanie tingitane. C’est l’une des principales métropoles du diocèse d’Hispanie, qui regroupe les provinces espagnoles et la Tingitane après la réforme administrative de l’empereur Dioclétien. C’est sous son règne qu’eurent lieu les martyres de saint Marcel et de saint Cassien. La ville est fortement christianisée dans les siècles suivants. Elle est occupée par les Vandales ariens en 429. Libérée sous le règne de Justinien, au début du vie siècle, elle est rattachée à l’Empire byzantin et subit les attaques des Wisigoths.

Le général musulman Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur du Maghreb au service des Omeyyades de Damas, s’intéresse à Tanger pour sa position stratégique et c’est donc de là qu’en 711, commence la conquête de l’Espagne par les troupes de Tariq ibn Ziyad (un lieutenant d’Ibn Noçaïr), à qui Gibraltar doit son nom (Djebel Tarik, la « montagne de Tarik »). Pendant les cinq siècles qui suivent, des dynasties différentes se disputent la souveraineté de Tanger. Les Idrisides de Fès, les Omeyyades de Cordoue, s’affrontent pour sa domination pendant plus d’un siècle. Au milieu du xe siècle, les Ifrénides, Maghraouas, Fatimides et Zirides y étendent leur autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu’en 1149, date à laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s’inféode aux Hafsides de Tunis avant de devenir mérinide en 12744.

Après trois tentatives, les Portugais s’en emparent en 1471 et la cèdent à l’Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d’Angleterre. À l’époque où Tanger était encore une ville portugaise, elle se trouvait à la tête du domaine colonial portugais du Maroc5,6,4. Dès 1679 Moulay Ismaïl, sultan de l’Empire chérifien alaouite, entreprend le siège de la colonie anglaise de Tanger qui lui est abandonnée en 1684, sur décision de Charles II, estimant son occupation par les troupes anglaises inutile et beaucoup trop coûteuse. Au xviiie siècle la ville devient la « capitale diplomatique » de l’Empire chérifien et le siège des représentations étrangères accréditées auprès du sultan. Les États-Unis y ouvrent, en 1821, ce qui deviendra leur plus ancien consulat permanent dans le monde. La flotte française, commandée par le prince de Joinville, bombarde la ville en 1844 en représailles au soutien du Maroc à l’émir algérien Abd el-Kader et démantèle les fortifications.

 

Les rivalités européennes pour le contrôle de la ville, porte entrouverte sur le Maroc, débutent en cette fin de xixe siècle. La France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne multiplient les missions diplomatiques, commerciales et militaires pour placer leurs pions, mettant la ville au centre des rivalités internationales. En 1880, la conférence de Madrid tente de définir les relations entre les grandes puissances au sujet du Maroc. Poussé par le chancelier Bülow, qui entend rappeler de claire façon que l’Allemagne ne se laissera pas mettre à l’écart et que la France ne peut modifier l’état politique du Maroc sans l’autorisation d’une nouvelle conférence internationale, Guillaume Il débarque, le 31 mars 1905, du yacht impérial SMY Hohenzollern I à Tanger pour quelques heures et dénonce, après un entretien avec l’oncle du sultan, les visées françaises et espagnoles sur le Maroc, ce qui provoque une crise diplomatique : c’est la crise de Tanger. En 1906, la conférence d’Algésiras redéfinit les positions de chacun en Afrique reconnaissant l’indépendance du sultan et affirmant l’égalité des signataires dans le domaine économique. En 1923 les négociations aboutissent à en faire une zone internationale affranchie de droits de douanes. Le 24 juillet 1925, le statut définitif de Tanger est signé par le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, les États-Unis, le Portugal, l’Union soviétique et la France, auxquels se joindra l’Italie un peu plus tard.

La ville possède désormais son autonomie financière. On la dote d’une administration internationale, en particulier d’une assemblée législative, composée de dix-sept fonctionnaires internationaux (quatre Français, quatre Espagnols, trois Britanniques, deux Italiens, un Américain, un Belge, un Néerlandais, un Portugais) désignés par leurs consuls respectifs et de neuf marocains (six musulmans, trois israélites). Le sultan nomme un mendoub chargé de promulguer les textes législatifs et qui remplit les fonctions de pacha. L’époque du « statut international » est celle du plus grand rayonnement international de Tanger, tant dans le domaine culturel que dans celui des affaires, favorisé par les facilités offertes à l’espionnage et à toutes sortes de trafics.

En juin 1940, après la défaite française face aux offensives de la Wehrmacht, les troupes espagnoles franquistes occupent Tanger et imposent, en mars 1941, l’installation du consul du Troisième Reich à la Mendoubia (résidence du mendoub, représentant du sultan auprès de l’administration internationale tangéroise), où flotte désormais le drapeau nazi. En mars 1944, l’Espagne fait évacuer les Allemands de la Mendoubia, sous la pression des Alliés, avant de retirer, le 9 octobre 1945, ses troupes de la ville, qui récupère ainsi son statut international. Entre 1939 et 1950, Tanger a vu sa population tripler et atteindre plus de 150 000 habitants.

Le 10 avril 1947, le sultan Mohammed V, accompagné du prince héritier Moulay Hassan (futur Hassan II), prononce à Tanger le premier discours qui fait référence à un Maroc unifié et indépendant rattaché à la nation arabe. En 1956, avec l’indépendance du Maroc, la conférence de Fédala (8 au 29 octobre) rend Tanger au Maroc. Une charte royale maintient la liberté de change et de commerce jusqu’en 1960, année où le gouvernement marocain abolit les avantages fiscaux et où Tanger se retrouve avec un statut identique à celui des autres villes du Royaume. Afin d’éviter une fuite importante des capitaux, le port de Tanger est doté d’une zone franche.

La ville connaît depuis les années 2000 un développement spectaculaire.